« Je ne sais rien faire d’autre. » : et si c’était faux ?

« Je ne sais rien faire d’autre. »

C’est probablement l’une des phrases que j’entends le plus souvent lorsque j’accompagne une personne en bilan de compétences.

Et pourtant…

Elle est presque toujours prononcée par des personnes qui ont parfois quinze, vingt ou trente ans d’expérience.

Des personnes qui ont managé des équipes.

Piloté des projets.

Résolu des problèmes complexes.

Formé de nouveaux collaborateurs.

Pris des décisions importantes.

Alors pourquoi ont-elles le sentiment de ne plus avoir de compétences ?

Nous finissons par trouver nos compétences… normales

Lorsque l’on réalise une même activité pendant plusieurs années, un phénomène très particulier se produit.

Ce qui demandait beaucoup d’efforts au début devient progressivement naturel.

On n’a plus l’impression de faire quelque chose de compliqué.

On se dit :

« Tout le monde saurait faire. »

Et c’est précisément là que le doute s’installe.

Parce que l’on confond souvent deux choses :

Ce qui est facile pour nous

Et ce qui est facile pour tout le monde.

Or, ce n’est pas parce qu’une compétence est devenue naturelle qu’elle n’a plus de valeur.

Au contraire.

C’est souvent le signe qu’elle est parfaitement maîtrisée.

Nous regardons notre métier… au lieu de regarder nos compétences

Une autre confusion revient très souvent.

Les personnes décrivent leur métier.

Mais elles parlent très peu de ce qu’elles savent réellement faire.

Par exemple, quelqu’un me dira :

« Je suis assistante administrative. »

Ou :

« Je suis responsable logistique. »

Ou encore :

« Je suis infirmière. »

Mais derrière ces intitulés se cachent bien davantage que des fonctions.

Organiser.

Coordonner.

Anticiper.

Rassurer.

Négocier.

Animer.

Décider.

Transmettre.

Prioriser.

Résoudre des problèmes.

Ces compétences sont parfois tellement intégrées que l’on oublie qu’elles peuvent être utiles dans de nombreux autres contextes.

https://virginie-rage.fr/bilan-de-competences/

Ce que j'observe au fil de mes accompagnements

Lorsque nous prenons le temps de revenir sur le parcours d’une personne, il se passe souvent quelque chose de très intéressant.

Au début, elle me parle de ses postes.

Puis, progressivement, elle commence à parler de ce qu’elle aime faire.

De ce qu’elle fait naturellement.

De ce que les autres viennent lui demander.

De ce qu’elle réussit sans même y penser.

Et c’est souvent à ce moment-là que son regard change.

Elle ne voit plus uniquement son métier.

Elle commence à voir ses ressources.

Et cette différence est essentielle.

Parce que l’on ne construit pas un projet professionnel uniquement à partir d’un intitulé de poste.

On le construit à partir de ses compétences, de ses besoins, de ses valeurs et de ce qui nous met en mouvement.

Pourquoi est-il si difficile de reconnaître ses propres compétences ?

Je crois qu’il existe une raison très simple.

Nous passons notre vie avec nous-mêmes.

Nous ne remarquons plus ce qui nous paraît évident.

Nous avons tendance à valoriser ce que nous ne savons pas faire.

Et à minimiser ce que nous faisons avec facilité.

C’est un peu comme si nous pensions que notre manière de fonctionner était la norme.

Alors qu’elle est, en réalité, le fruit de notre expérience, de notre personnalité et de tout ce que nous avons appris au fil des années.

Avant de conclure que vous n'avez plus rien à offrir…

Posez-vous quelques questions.

Quelles sont les missions que l’on vous confie spontanément ?

Pour quelles raisons vos collègues viennent-ils vous solliciter ?

Quelles activités vous semblent si naturelles que vous oubliez qu’elles demandent de vraies compétences ?

Qu’avez-vous appris au fil de votre parcours que vous n’auriez jamais su faire il y a dix ans ?

Ces questions paraissent simples.

Pourtant, elles permettent souvent de redécouvrir des ressources que l’on ne voyait plus.

Une conviction qui guide ma façon d'accompagner

Je suis convaincue que la plupart des personnes ne manquent pas de compétences.

Elles manquent surtout de recul pour les reconnaître.

Et lorsque ce regard change, quelque chose d’important se produit.

Elles retrouvent progressivement confiance.

Elles osent à nouveau envisager d’autres possibilités.

Elles comprennent qu’elles ne repartent pas de zéro.

Elles repartent avec tout ce qu’elles ont construit au fil de leur parcours.

Et cela change profondément leur manière d’envisager l’avenir.

🌿 Pour poursuivre votre réflexion

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Je veux changer de métier mais je ne sais pas quoi faire

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Faut-il vraiment changer de métier ? Le problème est parfois ailleurs

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Bilan de compétences : est-ce fait pour vous ? Le guide complet

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